Un trimestre s'achète avec du salaire, pas avec du temps
C'est le point qui surprend le plus. Travailler toute l'année ne garantit pas quatre trimestres. Ce qui compte, c'est le salaire brut déclaré : il faut l'équivalent de 150 fois le SMIC horaire dans l'année pour valider un trimestre. Quatre trimestres, le maximum annuel, demandent donc 600 fois le SMIC horaire.
Une assistante maternelle qui n'accueille qu'un enfant à temps partiel, ou qui a connu une longue période sans contrat, peut donc valider deux ou trois trimestres pour une année entière de travail. Et un trimestre perdu ne se rattrape pas l'année suivante : le compteur repart à zéro au 1er janvier.
Deux retraites, pas une
L'assistante maternelle relève du régime général pour sa retraite de base, comme n'importe quelle salariée du privé. C'est la CARSAT — la CNAV en Île-de-France — qui la gère, et c'est là que les trimestres se comptent.
La retraite complémentaire, elle, passe par l'IRCEM, le groupe de protection sociale des emplois de la famille, rattaché à l'Agirc-Arrco. Le principe est différent : chaque euro cotisé se transforme en points, dont la valeur est fixée chaque année. Il n'y a pas de seuil à atteindre — le moindre euro cotisé compte.
Autrement dit : une année faible fait perdre des trimestres au régime de base, mais elle rapporte quand même des points de complémentaire. Les deux systèmes ne se comportent pas pareil face à un temps partiel.
Les 25 meilleures années, et pourquoi elles pèsent lourd
Le montant de la retraite de base repose sur la moyenne des 25 meilleures années de revenus. Les années faibles ne sont donc pas retenues, sauf si la carrière en compte moins de 25 au total — auquel cas tout est pris, y compris les années à quelques centaines d'euros.
C'est la raison pour laquelle une carrière courte dans le métier, entamée tard après une reconversion, se calcule moins favorablement qu'on ne l'imagine : il n'y a pas assez de bonnes années pour écarter les mauvaises.
Le geste à faire dès maintenant
Consulter son relevé de carrière sur le site de l'Assurance retraite, et le lire ligne par ligne. Les oublis sont fréquents dans ce métier : un employeur qui n'a pas déclaré, une année de début d'activité manquante, un changement de nom mal répercuté.
- Une erreur se corrige d'autant plus facilement qu'elle est récente : les bulletins de salaire et les attestations Pajemploi de l'année en cours sont faciles à retrouver, ceux d'il y a quinze ans beaucoup moins. C'est pour cette raison qu'il faut garder ses bulletins sans limite de durée.
- Vérifier chaque début d'année le total brut déclaré de l'année écoulée, et le comparer à 600 fois le SMIC horaire. En dessous, les quatre trimestres ne sont pas acquis.
