La règle qui compte plus que toutes les autres
Un nourrisson se couche sur le dos, à plat, dès la naissance et pour tous les moments de sommeil. La sieste de quarante minutes obéit exactement à la même règle que la nuit complète. Le couchage sur le côté est déconseillé : la position est instable et favorise un retournement sur le ventre. En revanche, si l'enfant se retourne seul, on le laisse faire, à condition que son lit soit complètement dégagé.
Les décès par mort inattendue du nourrisson représentent environ 250 cas par an en France. Les campagnes « Je dors sur le dos » des années 1990 ont fait chuter ce chiffre de plus de 75 %, mais il stagne depuis les années 2000, et la France reste l'un des pays européens où cette mortalité est la plus élevée. Selon Santé publique France, un meilleur respect des mesures de prévention permettrait à lui seul de réduire ce nombre de moitié. C'est ce qui justifie la fermeté du propos : il ne s'agit pas d'un confort d'organisation mais d'un risque vital, et la plupart des accidents surviennent pendant le sommeil.
Le lit : ce qu'on y met, ce qu'on n'y met pas
Un lit rigide, à barreaux, avec un matelas ferme aux dimensions exactes du lit — aucun espace ne doit subsister entre le matelas et les barreaux. Le matelas est recouvert d'un simple drap-housse. Pour couvrir l'enfant, une gigoteuse adaptée à sa taille et à la saison, rien d'autre.
Le reste n'a pas sa place dans le lit :
- Ni oreiller, ni coussin, ni couette, ni drap, ni couverture.
- Ni tour de lit, ni cale-bébé, ni réducteur, ni cocon.
- Ni peluche, ni doudou volumineux, ni objet mou.
- Aucun matelas ajouté par-dessus celui d'origine.
Température, habillage, environnement
La pièce doit être entre 18 et 20 °C, jamais surchauffée. L'enfant est peu couvert : on ne multiplie pas les couches de vêtements, et il ne doit pas être chaud au toucher. L'hyperthermie est un facteur de risque au même titre que la position. Personne ne fume en présence de l'enfant, ni dans les pièces où il vit.
Le sommeil se passe dans un lit, et nulle part ailleurs : ni transat, ni cosy, ni siège auto. Ces équipements imposent une position semi-assise qui peut fléchir la tête vers l'avant et gêner la respiration. Ils ne sont pas conçus pour le sommeil, même court. La même vigilance s'applique en portage : le nez de l'enfant doit rester dégagé et sa tête ne pas basculer vers l'avant.
Ce qui est propre à l'accueil chez une assistante maternelle
Chaque enfant dispose de son propre couchage : c'est une question d'hygiène, mais aussi de repères pour l'enfant, qui retrouve son lit d'un jour à l'autre. Le matériel de couchage fait partie de ce que couvre l'indemnité d'entretien : il relève donc en principe de l'assistante maternelle, même si rien n'empêche un arrangement où les parents fournissent la gigoteuse ou un lit auquel l'enfant est habitué.
Un point varie d'un département à l'autre et mérite d'être vérifié auprès de votre PMI : l'âge jusqu'auquel le lit à barreaux est imposé, et l'acceptation des couchettes ou du matelas au sol pour les plus grands. Certaines PMI exigent le lit à barreaux jusqu'à deux ans et demi, d'autres accordent des dérogations plus tôt. Il n'existe pas de règle nationale sur ce point : c'est votre agrément et votre service de PMI qui font foi.
Quand les parents demandent autre chose
C'est la situation la plus délicate du métier : un enfant qui, à la maison, ne s'endort que sur le ventre, et des parents qui demandent la même chose pendant l'accueil. La demande est sincère et l'épuisement des familles est réel. Elle place pourtant la professionnelle devant une recommandation qui ne souffre pas d'exception de confort.
Le reste se règle par l'échange plutôt que par la règle : rythme des siestes, rituel d'endormissement, doudou, durée maximale souhaitée par les parents. Ce sont des points à aborder dès la période d'adaptation, et à consigner ensuite au jour le jour — les heures de sieste réelles sont l'information que les parents réclament le plus, parce qu'elles conditionnent leur soirée.
