On vous annonce un tarif horaire, vous multipliez par le nombre d'heures, et vous croyez connaître votre budget. Puis arrive le premier mois, et rien ne correspond. Ce n'est pas une erreur : c'est que trois choses différentes se superposent, et qu'elles ne tombent pas au même moment.
Le salaire ne bouge pas. Le reste, si.
La mensualisation lisse le salaire sur l'année : on compte le nombre d'heures et de semaines d'accueil prévues au contrat, on divise par douze, et ce montant est versé chaque mois — y compris pendant les vacances où votre enfant n'est pas accueilli. Un mois de cinq semaines ne coûte donc pas plus cher qu'un mois de quatre, et c'est fait pour.
Ce qui s'ajoute au salaire change tous les mois
L'indemnité d'entretien, les repas et, le cas échéant, les kilomètres ne sont pas mensualisés : ils se comptent par journée réellement effectuée. Un mois de vacances scolaires, ils tombent. Un mois à vingt-deux jours d'accueil, ils grimpent. C'est cette part-là qui fait varier votre virement, pas le salaire.
Le CMG arrive le mois suivant : il faut avancer
Vous déclarez sur Pajemploi ce que vous avez versé en septembre ; la Caf calcule et verse le CMG de septembre au cours d'octobre. Autrement dit, le premier mois, vous payez tout de votre poche. Ce décalage d'un mois ne se rattrape jamais : il se rembourse à la fin, quand le contrat s'arrête.
Depuis la réforme entrée en vigueur en septembre 2025, le CMG n'est plus plafonné en montant : chaque heure d'accueil compte dans son calcul. Il s'appuie sur un coût de référence horaire — 4,91 € pour une assistante maternelle en 2026 — et sur un plafond horaire de 8,09 € au-delà duquel ce que vous payez en plus reste entièrement à votre charge. Les cotisations sociales, elles, sont prises en charge à 100 %.
Le crédit d'impôt, lui, arrive un an plus tard
Il couvre 50 % de ce qui vous reste après le CMG, dans la limite de 3 500 € de dépenses par enfant de moins de six ans. Mais il se déclare au printemps suivant et se perçoit à l'été. La première année, ne le comptez pas dans votre trésorerie : comptez-le comme une rentrée d'argent de l'année d'après.
Le calendrier de la première année, en clair
Mois 1 : vous payez le salaire complet, plus les indemnités, sans aucune aide. C'est le mois le plus cher de l'année. Mois 2 : le CMG du mois 1 arrive, et le rythme s'installe. Mois 3 à 12 : le salaire est stable, les indemnités suivent les jours d'accueil, le CMG suit d'un mois. Printemps de l'année suivante : vous déclarez, et l'été vous percevez le crédit d'impôt.
Si l'accueil commence en septembre, ajoutez l'adaptation : quelques heures par jour la première semaine, facturées à l'heure réelle. Elle coûte moins qu'un mois plein, mais elle se paie.
