Ce que fait Pajemploi+
Sans Pajemploi+, le circuit est en trois temps : le parent paie le salaire complet à l'assistante maternelle, il déclare, puis la Caf lui verse le CMG quelques semaines plus tard. Il avance donc de sa poche, chaque mois, la part qui lui sera remboursée.
Avec Pajemploi+, la déclaration ne change pas d'un iota. C'est la suite qui change : l'Urssaf calcule les cotisations, établit le bulletin, ne prélève sur le compte du parent que le reste à charge — le salaire diminué du CMG — et verse elle-même le salaire net complet à l'assistante maternelle, généralement trois jours après la déclaration.
Le service est gratuit. Il suppose un accord écrit préalable entre l'employeur et la salariée : personne ne peut l'imposer à l'autre aujourd'hui.
L'argument qu'on met rarement en avant
Il y a une conséquence de ce circuit dont on parle peu, et qui change tout pour la professionnelle. Si l'Urssaf ne parvient pas à prélever le compte du parent, elle verse quand même la rémunération à l'assistante maternelle, sous forme d'avance. L'employeur, lui, reste redevable des sommes avancées : il reçoit des relances, puis un courrier lui indiquant à quoi elles correspondent et comment les régler.
Ce que prévoit la loi pour septembre 2027
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025, pose le principe suivant : le bénéfice du complément de libre choix du mode de garde sera conditionné à l'adhésion au service Pajemploi+. Le déploiement est progressif, à partir de septembre 2027.
La nuance mérite d'être posée, parce qu'elle est souvent écrasée. Le texte ne dit pas que Pajemploi+ devient obligatoire dans l'absolu : il conditionne le versement d'une aide à son usage. Une famille pourra continuer à payer sa salariée directement — mais sans CMG. Pour la quasi-totalité des familles concernées, la distinction est théorique : le CMG représente une part trop importante du financement pour qu'on y renonce.
Faut-il s'y mettre maintenant
Rien n'oblige à basculer aujourd'hui. Deux raisons pratiques plaident pourtant pour ne pas attendre l'échéance.
- La trésorerie du parent s'améliore immédiatement : on ne prélève que le reste à charge, au lieu d'avancer le salaire entier chaque mois.
- Basculer au calme, en discutant avec sa salariée, vaut mieux que de le faire dans l'urgence au moment où le versement du CMG en dépendra.
La réforme ne fait pas l'unanimité dans la profession, et les objections méritent d'être entendues : dépendance accrue à un circuit unique, délai de trois jours entre la déclaration et le versement, perte de souplesse sur la date de paiement convenue au contrat. Ce sont des points à aborder ensemble avant de signer l'accord, pas après.
Une chose ne change pas, quel que soit le circuit : il faut toujours déclarer chaque mois, entre le 25 du mois et le 5 du suivant, et enfant par enfant. Pajemploi+ prend en charge le paiement, pas la déclaration.
